10 activités insolites à faire en Islande en hiver

L'Islande en hiver, c'est l'obscurité à 15h30 et le vent qui gifle. Mais c'est aussi là que se cachent les expériences les plus folles : nager entre deux continents à 2°C, chasser les aurores... Découvrez ce que personne ne vous raconte.

10 activités insolites à faire en Islande en hiver

Activités insolites à faire en Islande en hiver : ce que personne ne vous raconte

Il fait nuit à 15 h 30. Le vent vous plaque contre la portière de la voiture. Et vous êtes à 40 kilomètres du prochain village. Voilà, c'est ça, l'Islande en janvier. Pas la carte postale. Pas les photos filtrées d'Instagram. La vraie version, celle qui vous gifle le visage à la sortie de l'aéroport de Keflavík et qui vous fait comprendre en trois secondes pourquoi les Islandais ont développé une relation très particulière avec la chaleur.

Et pourtant, c'est précisément dans cette obscurité que se cachent les expériences les plus étranges, les plus mémorables, les plus difficilement racontables à votre retour. On m'a posé la question tant de fois que j'ai fini par rédiger une liste mentale de ce qui sort vraiment de l'ordinaire.

Points clés à retenir

  • Les activités les plus insolites d'Islande en hiver exigent souvent une réservation des semaines à l'avance et une tolérance certaine au froid.
  • La saison hivernale s'étend grosso modo de novembre à mars, avec un ensoleillement qui plonge à 3–4 heures par jour en décembre.
  • Le snorkeling entre plaques tectoniques à Silfra se pratique toute l'année, y compris en janvier, en combinaison sèche.
  • Certaines activités dépendent totalement d'une route ouverte : vérifiez road.is chaque matin avant de partir.
  • Le facteur météo peut annuler n'importe quelle sortie en 30 minutes. Prévoyez toujours une option de repli.
  • Les prix en hiver grimpent sur certaines activités (aurores) et baissent sur d'autres (locations de voiture) — jouez là-dessus.

Nager entre deux continents au cœur de l'hiver

2 °C dans l'eau. Et cette eau, vous la voyez à travers votre masque avec une clarté qui n'a rien de naturel, parce qu'elle vient d'un glacier filtré par de la roche volcanique pendant des décennies. Bienvenue à Silfra, dans le parc national de Þingvellir, l'un des rares endroits au monde où l'on peut nager littéralement entre la plaque tectonique nord-américaine et la plaque eurasienne.

Ce que beaucoup ignorent : ça se fait aussi en hiver. Les opérateurs ne ferment pas en janvier. Ils vous équipent d'une combinaison sèche, d'une sous-couche thermique, de gants, d'un masque, et vous passez entre 30 et 45 minutes dans une eau à quelques degrés au-dessus de zéro. Je n'ai jamais eu aussi froid aux mains de ma vie. Jamais. Mais je referais sans hésiter.

Est-ce que c'est dangereux de faire du snorkeling en hiver à Silfra ?

Non, tant que vous passez par un opérateur certifié et que vous suivez les instructions. Le froid n'est pas le danger principal — c'est la panique. Certaines personnes réalisent soudain qu'elles sont dans une faille de plusieurs mètres de profondeur, avec de l'eau glacée et une visibilité totale, et leur respiration s'accélère. Les guides sont formés pour ça. Ils vous font respirer lentement, vérifient votre équipement, et restent à côté de vous.

Ce qui m'a marqué, c'est le silence sous l'eau. Pas le silence complet : le bruit de votre propre respiration dans le détendeur. Mais au-dessus, rien. Pas de vague, pas de vent, pas de bruit de moteur. Juste de la roche, de l'eau, et une lumière qui descend. En janvier, la lumière est si faible qu'on nage pratiquement dans une pénombre turquoise. C'est irréel.

À réserver 3 à 6 semaines avant si vous visez les créneaux de fin décembre. Prix observé : autour de 130–180 € par personne selon l'opérateur.

Cuire son pain dans le sol — la boulangerie volcanique

Il existe des endroits en Islande où l'on enfouit une pâte dans le sol chaud, on attend plusieurs heures, et on ressort un pain noir dense, légèrement sucré, cuit par la chaleur de la Terre. C'est le hverabrauð, ou « pain de source chaude ». Et non, ce n'est pas une attraction pour touristes : les Islandais le font chez eux depuis des générations.

Cuire son pain dans le sol — la boulangerie volcanique

Le principe est simple. Autour de zones géothermiques comme celles de Mývatn ou de Laugarvatn, la température du sol atteint 90 à 100 °C à faible profondeur. On creuse un trou, on enterre un moule métallique rempli de pâte, on referme, et on revient 24 heures plus tard. Le pain cuit comme dans un four, mais sans four.

Peut-on le faire soi-même sans guide ?

Techniquement, oui — certaines fermes proposent des ateliers. Mais l'accès aux zones géothermiques est souvent réglementé, et les Islandais eux-mêmes utilisent des sites précis transmis de génération en génération. Je conseille de passer par une ferme qui propose l'expérience : vous préparez la pâte le matin, vous revenez le lendemain, vous déterrez votre pain et vous le mangez tiède avec du beurre et du saumon fumé.

Franchement, c'est l'une des activités les plus lentes et les moins spectaculaires de cette liste. Pas d'adrénaline. Pas de grand frisson. Mais quelque chose d'étrange se passe quand vous mangez un pain que vous avez enterré vous-même dans le sol d'un volcan. Il faut le vivre pour comprendre.

Le bain de bière — et pourquoi je n'y croyais pas

Quand on m'a parlé de Bjórböðin, dans le nord du pays, j'ai pensé à un piège à touristes. Un truc marketing, cher, décevant. Un bain chaud avec de la bière dedans, franchement, ça sonnait comme une mauvaise idée.

J'y suis allé quand même. Et j'ai compris.

Le bain se compose d'eau chaude géothermique, de levure de bière, de houblon et d'un peu de bière jeune — pas de quoi se saouler, rassurez-vous. L'idée derrière : les acides aminés et les vitamines du houblon seraient bons pour la peau. Je n'ai aucune preuve scientifique solide là-dessus, et je m'en fiche un peu. Ce qui compte, c'est l'expérience.

  • Le bain extérieur, en hiver, avec la vapeur qui monte et le froid qui vous mord le visage.
  • Le verre de bière que l'on vous sert sur le rebord, à siroter dans l'eau chaude.
  • Le silence total du village autour.
  • Et ce moment où vous réalisez que vous êtes dans un pays où l'on fait littéralement pousser de l'orge sous serre chauffée à la vapeur volcanique.

Ça se réserve. Ça coûte dans les 60–80 € selon la formule. Et c'est fermé certains jours en plein hiver — vérifiez avant de faire les 5 heures de route depuis Reykjavík.

Quelles alternatives quand il fait -10 °C et que tout est fermé ?

Il y a les bains publics de quartier. Les sundlaugar. Il en existe dans presque chaque village. Piscine extérieure chauffée à 38 °C, bain chaud, hammam, sauna. Entrée souvent autour de 8–12 €. Les Islandais y vont comme on va au café. C'est là que vous croiserez des gens du cru, pas des touristes.

Le mien préféré reste celui de Hofsós, dans le nord, avec sa piscine à débordement qui donne sur le fjord. En janvier, la piscine est chaude, le fjord est noir et gelé par endroits. Vous nagez le nez vers l'eau salée. C'est irréel. Et presque personne ne le mentionne dans les guides.

Observer les renards polaires — la patience comme activité

Il reste environ quelques milliers de renards polaires en Islande, l'un des rares mammifères natifs du pays. En hiver, leur pelage devient blanc — parfois, car certains gardent une teinte brune selon la génétique. Les voir demande de la patience et de la chance. Mais c'est faisable.

Observer les renards polaires — la patience comme activité

Les zones où j'ai eu le plus de succès : la péninsule de Hornstrandir (accessible seulement en été — donc oubliez en janvier), les fjords de l'Ouest en excursion guidée, et certaines zones autour du Snæfellsnes. Un guide local, avec des jumelles et une connaissance du terrain, double vos chances.

Ce qui m'a surpris, c'est que cette activité n'a rien d'une chasse au trophée photographique. On marche. On attend. On boit du café dans un thermos. On regarde un paysage qui ne bouge pas. Et parfois, au bout de deux heures, une silhouette blanche traverse un champ enneigé à 200 mètres. Vous ne la voyez que parce que le guide vous l'a montrée. Elle disparaît trois secondes plus tard.

Ce n'est pas spectaculaire. C'est mieux que ça.

Comparer les options : ce qui vaut le froid, ce qui ne le vaut pas

Toutes les activités hivernales ne se valent pas. Voici mon comparatif honnête, basé sur plusieurs hivers passés sur place.

Activité Difficulté logistique Coût indicatif Vaut le froid ?
Snorkeling à Silfra Moyenne (réservation obligatoire) 130–180 € Oui, à faire une fois
Pain géothermique Faible (via une ferme) 40–70 € Oui si vous aimez le lent
Bain de bière (Bjórböðin) Élevée (nord du pays) 60–80 € Oui, une expérience unique
Renards polaires guidés Élevée (météo, saison) 100–150 € Oui, si vous êtes patient
Ski de randonnée sur fjords Élevée (niveau requis) 150–250 € Oui, pour skieurs confirmés
Pêche sur glace Faible à moyenne 80–120 € Moyen — sympa, pas inoubliable

Un mot sur le ski de randonnée : c'est probablement l'activité la plus sous-estimée. On part tôt le matin, on monte sur une crête qui domine un fjord, on redescend dans une neige qui n'a pas été tracée. Le problème, c'est que ça exige un vrai niveau technique et une condition physique solide. Je ne le conseille pas à quelqu'un qui skie une semaine par an.

Les règles non négociables que tout le monde finit par apprendre

Personne ne vous le dira à l'aéroport. Mais après quelques jours sur place, vous comprendrez.

Les règles non négociables que tout le monde finit par apprendre
  1. Consultez road.is chaque matin avant de prendre la route. Les fermetures de tronçons dans les fjords de l'Est ou sur la route 1 sont fréquentes en janvier.
  2. Ne sous-estimez jamais le vent. Un « 10 m/s » islandais n'a rien à voir avec un 10 m/s français — sur une lande dégagée, ça vous met par terre.
  3. Prévoyez toujours une marge de deux heures minimum sur chaque trajet hivernal. Deux heures.
  4. Certaines routes F (pistes) sont purement et simplement interdites en hiver. Ne forcez pas.

Le pire que j'aie vu : un couple de touristes qui avait réservé une excursion aux aurores à Akureyri et qui a dû annuler parce que la route était fermée après le col. Ils avaient roulé 4 heures pour rien. Les opérateurs sérieux remboursent dans ces cas-là, mais il faut vérifier les conditions d'annulation avant de payer.

Ce qu'on oublie de dire sur l'Islande en hiver

Il y a une chose que je n'ai lue nulle part avant mon premier voyage. Le froid isole. Pas physiquement — socialement. En janvier, il fait nuit à 16 h, les routes sont souvent impraticables, et la vie se replie dans les maisons, les piscines publiques, les cafés. Si vous cherchez des paysages époustouflants à photographier, vous en aurez. Si vous cherchez l'Islande sociale, l'hiver est en réalité une saison géniale — mais pas là où les touristes vont.

Les sundlaugar. Les librairies de Reykjavík. Les bars de quartier un mardi soir. Les concerts improvisés dans de petites salles. C'est là que se joue la vraie vie hivernale, pas dans les bus à aurores.

Et puis il y a cette lumière. Celle de 13 h, en janvier, quand le soleil rase l'horizon pendant deux heures et transforme la neige en quelque chose d'orange et de rose qu'aucun filtre ne reproduit correctement. Vous vous arrêtez sur le bord de la route. Vous coupez le moteur. Et vous restez là, une dizaine de minutes, sans rien dire.

C'est peut-être ça, l'activité la plus insolite d'Islande en hiver. Rester immobile. Ne rien faire. Regarder.

Personne ne vend ça. Et pourtant, c'est ce dont je me souviens le plus.

Solène Renaud

Solène Renaud

Solène Renaud est une journaliste de voyage passionnée par la découverte des destinations européennes et de leur richesse gastronomique. Spécialiste du patrimoine culturel et des voyages en train, elle partage son expertise à travers des récits qui invitent à explorer l'Europe autrement. Son approche allie découvertes culinaires locales et immersion dans l'histoire et la culture des régions qu'elle traverse.

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